Le SPM (syndrome prémenstruel) regroupe un ensemble de manifestations physiques et psychiques, variables selon les femmes, qui surviennent généralement plusieurs jours avant les règles et disparaissent avec leur arrivée.
Pour beaucoup de femmes, cette période peut occasionner une baisse de moral ou une véritable déprime. À travers mon témoignage, je t’explique ce qui m’a amenée à faire le lien entre ma déprime prémenstruelle et mes faibles réserves de fer.
Quelques rôles du fer
Le fer est surtout connu pour son rôle dans la fabrication de l’hémoglobine, la protéine qui permet à tes globules rouges de transporter l’oxygène dans tout ton organisme, ce qui est prioritaire pour ton corps. Mais ce micronutriment participe aussi à de nombreuses autres réactions enzymatiques moins prioritaires, surtout si tu manques de réserves.
Puisque nous parlons ici de déprime prémenstruelle, il convient de souligner que le fer intervient comme cofacteur de certaines enzymes impliquées dans la synthèse de la sérotonine, le neurotransmetteur qui participe à ton bien-être psychique et qui diminue justement à la fin de ton cycle, juste avant tes règles.
Mon expérience avec le fer
Depuis l’enfance, j’ai toujours eu une ferritine autour de 13 ng/mL, c’est-à-dire le bas des valeurs de référence. Juste dans les normes des laboratoires et avec un bon taux d’hémoglobine, c’est toujours passé comme une lettre à la poste pendant mes rendez-vous médicaux.
En me formant en naturopathie, j’ai découvert une approche préventive dans laquelle beaucoup recommandent de maintenir une ferritine d’au moins 40 ng/mL, idéalement autour de 80 ng/mL. Ces références sont particulièrement difficiles à atteindre pour les femmes : le fer étant majoritairement stocké dans le sang, les pertes menstruelles (en particulier si elles sont très abondantes) entraînent ainsi des pertes de ce micronutriment. Une étude de 2021 portant sur des femmes menstruées et non anémiques, c’est-à-dire avec un taux d’hémoglobine normal, a révélé que 54,9% d’entre elles présentaient une ferritine inférieure à 50 ng/mL.
Revenons-en à mon histoire. Cette année, je me suis donc enfin décidée à essayer de remonter ma ferritine avec une complémentation en fer bisglycinate (étant déjà assez vigilante sur mes assiettes) et un suivi régulier de mes taux par des analyses sanguines.
À noter que je n’aborde pas ici les questions de d’alimentation, d’assimilation et de troubles digestifs qui doivent évidemment être pris en compte en priorité en cas de carence en fer, avant même d’envisager une complémentation.
Au bout de quelques mois de complémentation, ma ferritine avait commencé à remonter. Et alors que je n’avais absolument pas ciblé cet effet-là, mes déprimes prémenstruelles ont totalement disparu.
Oui, totalement disparu.
Alors que je pense avoir eu le moral dans les chaussettes avant mes règles depuis mes tous premiers cycles. Malgré de nombreuses démarches qui avaient quelque peu atténuée la problématique, elle était toujours présente et je m’étais finalement résolue à vivre avec. Pour quelqu’un qui bataille contre la banalisation des troubles du cycle… les cordonniers sont bien les plus mal chaussés !
En constatant ce changement sur plusieurs cycles d’affilée, j’ai rapidement fait le lien avec la remontée de ma ferritine.
Ce que mon expérience ne permet pas de conclure
Dans cet article, je t’ai raconté mon expérience personnelle qui ne s’applique pas nécessairement à ta situation. Les syndromes prémenstruels sont complexes et multi-factoriels. Si tu traînes des déprimes prémenstruelles depuis longtemps, regarder comment va ta ferritine peut être une première piste, mais beaucoup d’autres causes sont possibles, d’où l’importance d’être bien accompagnée avec un suivi personnalisé.
Par ailleurs, la complémentation n’est pas pertinente pour tout le monde. De faibles réserves en fer peuvent être liées à des apports alimentaires insuffisants, une pratique sportive intense, des problématiques d’absorption digestive, des règles abondantes… Ces facteurs doivent être pris en compte avant même d’envisager une complémentation.
Avant toute chose, rapproche-toi de ton médecin traitant pour comprendre l’origine de ton SPM et/ou de tes faibles réserves en fer. Un·e naturopathe pourra ensuite t’aider à rééquilibrer ton alimentation et si nécessaire, à choisir un complément de fer qui te convient. 🌺

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